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Aufgang

Electro world / France

Né de l’alliance réussie de deux personnalités fortes, Aufgang, comme le définit Pitchfork, « mélange avec virtuosité, piano, batterie et électronique, un pied dans les clubs, l’autre dans les conservatoires ».

Rami Khalife, compositeur et pianiste, transcende l’héritage classique de ses années d’études au plus haut niveau (Juilliard School de NYC) et les racines orientales d’une famille virtuose, son père Marcel étant une figure artistique majeure du monde arabe. Aymeric Westrich, batteur et producteur, entretient la culture instinctive du DIY et insuffle sa connaissance des cultures urbaines et électroniques, développée aux côtés de Kery James, Cassius ou Phoenix…

Allant piocher leur inspiration dans de multiples courants et mouvements artistiques tel la Disco du mythique Larry Levan ou la poésie d’Oum Kalthoum, ces électrons libres ont façonné leur son entre Paris, Beyrouth et New York, en réaction à la frénésie des grandes villes, comme pour l’empêcher de ronger leur liberté. Une expérience unique dont la diversité sublime les sensibilités de ses deux démiurges.

Après un premier titre, Mizmar, révélé avant l’été 2016, Aufgang a sorti un quatrième album, premier sur le label Blue Note : Turbulences. Un disque à leur image mêlant sonorités orientales, urbaines et rock tout en gardant leurs fondamentaux musicalement hybrides et sophistiqués.

Autres vidéos

Kokoko !

Electro world de récup / Congo

À l’initiative du projet KoKoKo ! se trouvent les films de La Belle Kinoise. Ses producteurs arpentent le Congo depuis longtemps et ont plusieurs fois documenté les existences marginales de sa capitale : Pygmées dans Pygmées Blues ou musiciens des rues handicapés dans Staff Benda Bilili.

 

Le projet KoKoKo ! est global : un film documentaire, sa bande originale et une création live réunissant les musiciens du film (création Villette Sonique 2017).

Au Brise Glace nous aurons la chance d’accueillir le live (quasiment première en France). Celui-ci s’appuiera sur la réunion du producteur Débruit avec deux des principales figures musicales de Kinshasa rencontrées dans le film : les musiciens du groupe Slum Robot, découverts à l’orée d’une décharge d’où ils extraient la matière première nécessaire à la fabrication de leurs instruments : roues de vélo, boîtes de lait en poudre, poignée d’accélérateur de moto… autant d’éléments qui participent à la création d’une identité sonore inouïe et dégagée de toute référence directe (une techno sans Détroit), proche par endroits de la musique savante (répétitive, concrète…) mais jamais détachée de la danse.

Deuxième ingrédient : le performer Makara Bianco… Sono poussée dans ses retranchements crachant des boucles de rumba hypnotiques et distordues, Makara court d’un bout à l’autre de l’estrade, harangue les spectateurs, provoque larsens et déflagrations noise jusqu’à la transe complète de l’auditoire…
Kinshasa est une ville insensée où la frontière entre performance artistique et la vie de tous les jours n’est jamais claire. Les conditions de vie entraînent une forme d’adaptation et de débrouillardise quotidienne – le  »système K » – d’où le geste artistique n’est jamais totalement exclu.